Avant toute chose : force et élan aux personnes qui manifestent et à celleux qui les soutiennent.
La propagande médiatique est effarante. Les violences policières atroces. On se sait.
Ce ne sera pas le sujet de l’article du jour et j’explique pourquoi plus bas.
Au programme aujourd’hui :
un chat combatif ;
un philosophe jugeant ;
3 pistes de réponse à la question : comment rester connecté·e à ce qui est important sans se laisser distraire ?
le programme des articles & ateliers à venir ;
deux jolis cadeaux — attention, l’offre n’est valable qu’une semaine (je t’explique tout à la fin)
“T’as pas l’impression qu’elle devient chauve ?”
Depuis quelques jours, j’avais remarqué que Britney – notre chat – perdait ses poils. La zone au-dessus de ses yeux, surtout d’un côté, se clairsemait sérieusement.
J’ai paniqué.
“Tu crois qu’elle va mourir ?”
Leo m’a rappelé qu’on ne décède pas de perdre des poils, et suggéré qu’on attende pour observer l’évolution de la situation.
Quelques jours plus tard, Britney ressemblait de plus en plus à Vincent Lagaf : direction le véto.
Sauf que “direction le véto”, c’est bien trop sobre comme formulation.
Concrètement ça consiste à : se battre pour mettre le chat dans sa caisse de transport, marcher 20 minutes en tenant à bout de bras une boîte dont sortent des miaulements désespérés, voir son chat monter en pression au fur et à mesure de l’auscultation, prévenir gentiment la véto que “si vous continuez de lui enfoncer des cotons-tiges dans l’oreille avec la même délicatesse que si vous défonciez du béton au marteau-piqueur… elle va vous mordre”.
Pour finir, diagnostic sans appel, Britney souffre d’une allergie.
Pas grave, à condition d’agir rapidement.
Agir, dans ce cas précis, ça voulait dire : se procurer des croquettes monoprotéinées de cheval et de la litière hypoallergénique.
Quelle chance. Casser mon livret A pour que mon chat chie dans du sable de luxe et mange un animal qui fait cinquante fois sa taille, c’était un peu un rêve d’enfance.
On a tout de suite cherché une boutique spécialisée. Rien à côté de chez nous.
Ou alors commander sur Internet ? Mais les délais de livraison étaient absurdes.
Et puis aussi, ne surtout pas oublier de :
Préparer mes bagages pour Paris.
Faire la deuxième lecture du super manuscrit d’une autrice que j’accompagne en mentorat.
Passer l’aspirateur.
Me tenir au courant de l’actualité en France, les blocages des lycées, comment ça se passe exactement ? (C’était il y a quelques semaines.)
Répondre aux coms de l’infolettre.
Trouver un titre pour mon prochain livre.
Écrire ce prochain livre.
Arrêter de paniquer sur le retard pris dans l’écriture de ce livre.
Ne. Pas. Paniquer.
Préparer à manger pour ce soir.
Faire les courses, du coup, car il n’y a rien dans le frigo.
Ah et on en est où de ce colis qui devait arriver avant-hier ?
RAAAAAAH.
Rassurez-moi : vous aussi vous vous sentez légèrement submergé·e par la vie ??
Même si vous gérez comme un·e ouf, mentez-moi svp.
Comment on fait pour ne pas se laisser dévorer par le quotidien ?
Je crois qu’une vie qui vaut la peine d’être vécue est une vie qui n’est pas repliée sur mon petit confort personnel. J’ai envie, profondément, de contribuer à un monde plus juste, plus digne, plus beau.
Mais je dois trouver où acheter les foutues croquettes monoprotéinées de Britney.
Et parfois, j’ai du mal à concilier les deux.
Souvent on accuse les réseaux sociaux de nous voler notre temps.
Oui, Instagram et Tiktok font à notre capacité d’attention ce que la Peste noire a infligé aux villageois du XIIIème siècle.
Mais soyons honnêtes : la distraction humaine face aux problèmes existentiels précède largement l’invention de ces applications.
Blaise Pascal, un philosophe du XVIIème siècle, parle déjà de la quête effrénée de divertissement qu’il observe chez ses contemporains, et pourtant je ne crois pas qu’il swipait des vidéos de loutre sur son smartphone.
“Ils croient chercher sincèrement le repos, et ne cherchent en effet que l’agitation.
Ils ont un instinct secret qui les porte à chercher le divertissement et l’occupation au‑dehors.”
Trois siècles et demi plus tard, les mots de Pascal me décrivent plutôt pas mal.
Car réseaux sociaux ou pas, ce qui est important, parfois, ça me paraît juste “moins prioritaire”.
Ou bien c’est ennuyeux.
Ou encore c’est très dur.
Quand Leo m’a dit allez, on va regarder NAZA, le documentaire sur la façon dont l’armée israélienne organise méthodiquement le génocide palestinien, il y avait une partie de moi qui pensait : non, je suis crevée, je veux mater Hunting Housewives en pyjama.
Alors, comment faire pour ne pas détourner le regard des choses qui comptent ?
Voici quelques pistes de réponse, des pratiques qui m’aident. Il y en a trois. Je suis curieuse d’entendre les tiennes.
1) La première, c’est que j’ai besoin d’une forme de vide.
Passer du temps seule, sans téléphone, en silence. Méditer. Ou juste ne rien faire. M’ennuyer.
Je sais, ce n’est pas original ni hyper sexy. Simplement, sans vide, je ne peux pas voir émerger les choses importantes.
2) La deuxième pratique qui compte pour moi, c’est de me souvenir qu’on n’a pas un temps infini. Je vais finir par mourir.
On va toustes finir par mourir.
Peut-être que ça te paraît triste ou morbide, pour moi c’est le contraire.
Quand je garde en tête que j’ai un temps fini sur cette terre, ça m’apaise et ça m’incite à profiter de ce que je vis, de toutes les petites joies qui me sont données.
Ça me donne aussi envie de lutter pour un monde meilleur, car ça remet en perspective l’importance de “ma” vie dans un tout bien plus vaste.
C’est une ancienne pratique philosophique et spirituelle, commune à beaucoup de traditions différentes.
Elle porte un nom, le “memento mori” : littéralement : souviens-toi que tu es en train de mourir.
(L’époque baroque était très fan du memento mori et les artistes mettaient des squelettes un peu partout pour qu’on se souvienne qu’on va crever. Halloween, but make it philosophical.)
3) Et puis enfin, troisième et dernier appui, de loin le plus crucial : ce sont les gens qui m’entourent.
C’est-à-dire : les gens dont je choisis de m’entourer. Mes ami·es qui m’envoient des articles sur l’actualité, maon amoureuxe qui m’a dit “allez, on va regarder NAZA” et qui avait raison.
Ce sont aussi les livres que je lis – lire, pour moi, c’est une forme de conversation.
Et puis les films que je regarde, les podcasts que j’écoute.
Il y a un proto-proverbe de développement personnel ultracapitaliste qui dit : entoure-toi de gens qui ressemblent au succès que tu veux avoir. Sous-entendu : ne traîne pas avec des gens au RSA si tu veux devenir millionnaire.
Dans sa version matérialiste de l’enfer, c’est l’impasse.
Mais on pourrait peut-être le réinterpréter comme :
Entoure-toi de personnes, de livres, d’œuvres d’art qui te rappellent ce qui compte pour toi.
Ça ne veut pas dire : force-toi à lire de la philosophie ontologique alors que ça ne te parle pas du tout.
Mais ça veut dire : fréquente des personnes et des œuvres dont les valeurs entrent en résonance avec les tiennes, qui vont t’aider à regarder au bon endroit.
Et j’ai l’impression que ça fait partie des raisons pour laquelle les lecteurices s’abonnent à cette infolettre :
rester connecté·e à des sujets qui comptent.
Politiquement, intimement.
Pas juste pour avoir lire le contenu, aussi comme un geste d’engagement, qui pose : voilà, pour moi, c’est ça qui est important.
Cette année, j’ai pris du temps pour réfléchir à mon programme de posts bien à l’avance.
Je n’avais pas envie de me laisser porter par mes préoccupations du moment mais de mener des réflexions sur des sujets de fond. Il me semble que parfois on peut se faire piéger par “LE-SUJET-POLITIQUE-DU-MOMENT”, la polémique qui fait rage. Je vous propose autre chose.
Je ne suis pas journaliste et surtout je n’ai pas l’impression d’être très douée dans le commentaire de ce qui se passe au jour le jour.
C’est pour ça que je ne commente pas en longueur les manifs du 17 octobre.
Sur le sujet, lisez Mathilde R. > > > par ici.
Voici les sujets qui me paraissent importants :
Comment ne pas oublier ce qui est important ? (l’article du jour)
Vouloir réussir aux yeux des autres, c’est mal ? Un regard féministe sur le besoin de validation extérieure et le succès
Le féminisme a-t-il vraiment besoin de plus d’hommes alliés ? Alliances politiques et convergence des luttes
Le monde crame, on a peur, quelles résistances écologistes on peut imaginer ?
Ce que le diagnostic TDAH m’a vraiment apporté, ce qu’il n’a pas réglé, et les stratégies qui m’ont aidée
Je suis blanche dans un monde raciste : j’en fais quoi ?
Amitiés à l’âge adulte, qui a le mode d’emploi ? On entend partout qu’il faut revaloriser l’amitié, voilà pourquoi je ne suis qu’à moitié convaincue
Pourquoi se mobiliser pour la Palestine ? Pourquoi ne parle-t-on pas autant d’autres génocides ? Une tentative de réponse honnête
Décohabitation conjugale : pourquoi j’ai arrêté d’habiter avec la personne que j’aime et ce que ça m’a appris
Toujours “trop extrême” ou “pas assez radicale” : comment trouver le juste niveau d’engagement ?
L’ordre est indicatif.
Si ça t’intrigue, je t’invite à prendre un abo payant pour ne rien rater.
En plus, avec un abonnement premium, tu obtiens :
des posts “courrier des lectrices”. J’ai déjà reçu plusieurs questions hyper intéressantes (et vulnérables, je suis touchée) sur des sujets comme l’amitié, le couple, le sentiment d’illégitimité queer… J’y réponds dans des posts dédiés, le premier arrive tout bientôt.
des rencontres avec des auteurices et militantes passionnant.es pour enrichir nos points de vue, ouvrir la conversation, et puis profiter du plaisir de la discussion ;
des ateliers d’écriture pour faire de la place à la créativité et prendre le temps de l’intentionnalité dans ta vie :
faire le bilan de l’année 2026
s’élancer en 2027
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Le tout, pour 97 euros par an.
Tu pourras aussi t’abonner plus tard et prendre tes places à l’unité pour les ateliers et rencontres. Simplement, ce sera plus cher : tout le programme te reviendra à 254 euros. En t’abonnant à l’année, tu bénéficies d’une réduction de 61,8 % (très précisément).
En plus, en ce moment, il y a de chouettes bonus pour les abos annuels :
un pack de 8 ateliers d’écriture en replay, normalement vendu au prix de 197 euros. On y écrit en s’inspirant de Virginie Despentes, Annie Ernaux, Marcel Proust…
Tu y as immédiatement accès dès que tu t’abonnes et tu les gardes à vie.
Le détail des ateliers > > > ici.
un magnifique carnet conçu par l’illustratrice Clémence Delorme que tu recevras directement à ton domicile. Tu as le choix entre ces 2 modèles :


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L’offre (articles + rencontres + ateliers d’écriture + pack de 8 ateliers en replay à vie + carnet) est valable pendant 1 semaine.
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Et si tu veux nous expliquer comment toi tu fais pour rester connectée à ce qui compte, dis-nous, faisons circuler les bonnes idées.





alors, moi, le côté "on n'a qu'une vie et le temps passe vite", ça me donne plutôt envie de la remplir et de m'activer, car même si j'adore ça et j'en ai besoin, lire me semble moins important que d'agir (je sais que ça l'est tout autant, mais ce n'est pas le cas de mon éducation)