Il y a une dizaine d’années, je sortais régulièrement au club Le Tango, à Paris.
J’y tourbillonnais en m’époumonant sur Mylène Farmer.
En plein milieu de la nuit, la musique s’arrêtait.
La première fois que ca m’est arrivé, j’étais perplexe : la soirée était finie ? Un problène technique ?
Mais non.
On s’asseyait toustes à même le dancefloor et, sur la minuscule scène, entraient des créatures charismatiques et généreuses. Elles dansaient, chantaient et nous on glapissait de joie, on applaudissait, c’était bon enfant, joyeux et assez foutraque.
Souvent, entre deux performances, la drag queen passait un certain temps à essayer de trouver sa chanson avec le technicien son vaguement largué.
Pour moi, le drag, c’est avant tout ça : un art DIY, bricolé de bric et de broc, lié au monde de la fête et à des moments de joie queer collective. C’est sous cette forme qu’il me touche et me plait le plus.
Mais aujourd’hui, le drag est un art devenu célèbre et populaire, bien au-delà des queers, notamment en raison de l’émission Drag Race qui a battu des records d’audience. Presque mainstream.
Vous regardez Drag Race ?
Moi non.
Pourtant, je vois passer tant de commentaires à ce propos sur mes réseaux sociaux que je finis par suivre à peu près ce programme où des drag queens sont en compétition (plus ou moins) amicale devant un jury de célebrités.
Ce qui est marrant, c’est que malgré cette fame, souvent on ne connait pas bien l’histoire du drag.
Vous imaginez peut-etre des scènes underground queers, et vous avez raison…
Mais en partie seulement.
L’histoire du drag est plus complexe, plus ambivalente, et passionnante.
C’est pourquoi je suis très heureuse que pour la première rencontre du Grain, on ait le plaisir de passer une heure en compagnie d’Apolline Bazin, qui nous parlera de l’histoire du drag.
C’est un sujet qu’elle connait bien : après avoir publié un magnifique livre photo sur le drag (Drag, un art queer qui agite le monde, éd. E/P/A, 2023) elle a sorti plus récemment un essai intitulé DRAG FEVER. Sous les paillettes, toujours la rage ? (éd. Divergences, 2026) dans lequel elle retrace l’histoire de cette forme d’expression artistique et s’interroge sur son avenir.
Elle a aussi cofondé Problematik, un media queer pour dégager l’horizon que j’adore, avec Léane Alestra et Arya Meroni.
On se retrouve le mardi 6 octobre à 18h sur Zoom.
Il y aura un replay, mais venez donc : vous pourrez lui poser toutes vos questions.
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Vous aurez accès à tout le programme de rencontres et d’ateliers du Grain.
(Je vous présente tout en détail très bientot.)





