18 Commentaires
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Avatar de AnneKa

C'est exactement ce que j'avais besoin de lire ce matin, merci !

Avatar de Yasmine Amhis

Est ce que tu as a vu la série Fleabag ? Dans la saison 2 il y une séquence sur la prise de décision qui résonne beaucoup avec ce que tu écris.

Avatar de Lobe

Tout pareil, ce texte m'a tellement fait penser au monologue de Fleabag, où elle déballe dans le confessionnal son désir que quelqu'un prenne tout en charge pour elle (I want someone to tell me what to wear, etc.) J'imagine qu'insta (et aussi désormais l'IA, encore un cran plus loin) ça vient nous caresser pile à cet endroit : pouvoir sous-traiter les décisions qui organisent nos vies, pour se concentrer sur... l'essentiel, reste à définir ce que c'est !

Merci Louise pour ces réflexions toutes les semaines, c'est toujours un plaisir de te lire 💓

Avatar de koyl

En 1992, Nine Inch Nails sortait une chanson dont le refrain faisait:

"Don't open your eyes, you won't like what you see

The devils of truth steal the souls of the free

Don't open your eyes, take it from me

I have found you can find happiness in slavery"

Chanson dont le sujet, à mes yeux, a toujours été politique (et pas ce que l'on croit si on ne considère que son titre "happiness in slavery".. ) en décrivant ce qui reste de l'individu et du citoyen dans un système néolibéral.

C'est d'autant plus vrai à notre époque où nos cerveaux sont sollicités par des millions de stimulis par jours, des micro-décisions à prendre et une "vérité" qui devient de plus en plus flou.. la réponse naturel du système nerveux c'est le combat (contre quoi ou quoi ?), la fuite (mais vers où ?).. il nous reste la sidération où l'abandon.

Et puisque nous sommes, en plus de plus en plus isolés les uns des autres (pour un tas de raison, dont l'accélerationisme qui est une composante essentielle du sytème néolibéral), il faut bien dire qu'un algorithme qui nous connait, qui "s'occupe de nous", ça pourrait presque passer pour du care, voir de l'amour. ^^

C'est un système hyper bien foutu... abjecte mais vraiment bien foutu.

Avatar de Sophie Gliocas

Encore un point de vue très intéressant, merci Louise

Avatar de Anne Gribouille

Chaque lecture de tes posts me rappelle pourquoi j’aime autant te lire ! Non seulement tu écris très bien, mais en plus le fond est intéressant et donne à réfléchir ! J’ai écouté les travaux d’Apolline Guillot et il me semble que ce qu’elle dit est complémentaire ! (Dans le podcast « trouble dans l’attention » de Delphine Saltel par exemple)

Avatar de Charlie

Désinstaller, réinstaller, re désinstaller … j’ai fait le même cycle déjà plusieurs fois. Merci pour cette analyse pertinente, ça fait vraiment écho à des choses en moi, notamment ce sentiment d’être dépassé par le fait de devoir choisir ce qu’on veut faire dans la vie quand il y a tout simplement trop d’options !

Avatar de Chantal Autotte Bouchard

Je ne vais pas en dire ni en écrire des tonnes, cet article a raisonné en moi comme une évidence comme celui des amis de longue date dernièrement qui n’étaient pas de toi, mais qui m’a parlé. Néanmoins ce besoin de ne pas décider me parle tellement fort même si je scroll moins qu’avant parce que je suis exactement dans ce dilemme présentement, je, je n’ai jamais été la pro de la décision plus Suisse par nature malgré mon origine québécoise, mais j’ai pris des décisions dans ma vie Radicale pas toujours réfléchi mais là dernièrement et sur des sujets bien précis je ne veux pas décider ou je ne veux pas enclencher le mouvement qui ferait qu’il faut que je décide du coup, je scroll et c’est très intéressant. je ne le’avais pas envisagé dans ce sens. Merci pour tes lettres chaque semaine je ne suis pas une abonné fidèle, par contre elles font partie des news que je lis chaque semaine fidèle au sens où je n’ai pas les moyens de rétribués ta plume, mais je cherche comment faire.

Avatar de Marion Olharan Lagan

Passionnant. Cela rejoint la réflexion de Shoshana Zuboff sur le surplus de comportement créé par le réseau social qui nous facilite -en apparence- la vie et nous invite à scroller indéfiniment. Ah, se perdre dans un océan d'images et de son, il y a de quoi avoir très envie de se laisser aller.

Merci pour cette lettre.

Avatar de Sophie

Coucou Louise ! Merci pour ces réflexions :) en te lisant je me pose une question (quelque peu existentielle, mais comme je sais que ça te plait, je me permets d'essayer de la mettre en mots ici). Ça porte sur la construction de la connaissance, sur la notion de ressenti personnel et parfois, généralisé, versus celle de la construction "scientifique", ou en tous cas objectivable par autre chose qu'un avis (et donc plus généralement, je me pose la question de la construction d'une base de "réalité" commune - ça fait un peu écho à la notion de vérité que tu décortiques).

Tu écris : "Déjà, les fonctions de la dopamine dans le cerveau sont très complexes et le discours actuel du “tout dopamine” est à peu près aussi scientifique que Tonton Michel qui grommelle que le réchauffement climatique, ça existe pas parce que l’hiver a été froid." --> ok, sur ce point-là j'ai l'impression de ne pas avoir toutes les clés pour être sûre de ce que tu avances mais je te fais confiance.

"Ensuite, plus profondément – pourquoi on aurait toustes tellement besoin de ces foutus shots de dopamine ? Qu’est-ce qui est tellement addictif là-dedans ? Là je pense qu’on tombe sur une réalité vachement plus intéressante que ce réductionnisme biologique, à savoir : Quand on ouvre Instagram, on sait que l’application va se charger de nous mettre des trucs sous les yeux sans qu’on ait rien à décider." --> et ici j'ai l'impression que je ne te suis plus, ou plutôt que ce que tu avances comme une hypothèse (hyper intéressante par ailleurs) est donnée au lecteurice comme une nouvelle vérité à ingérer (à la place de l'histoire de la dopamine, en quelque sorte). Tu parles de réalité, parce que tu trouves que cette idée correspond à ce que tu vis, et ce que pas mal de gens semblent vivre, mais je me demande par quel cheminement tu arrives à considérer que c'est une réalité, en tous cas plus réelle que celle de la dopamine par exemple.

Bref, ce n'est pas pour soutenir que la raison de tout ça c'est la dopamine, et que ton histoire n'a aucun sens, au contraire je trouve ça très intéressant mais je me demande si dans ta tête c'est un stade d'hypothèse, s'il faudrait vérifier (et si oui, comment?). Ou si tu penses que l'effet même de l'écrire peut permettre de faire émerger toutes les personnes qui ressentent la même chose, et valider l'hypothèse de cette manière-là?

Peut-être que ma réflexion est très fouillie, bon, je la poste quand même, si jamais des gens arrivent à me comprendre :)

Merci encore !

Avatar de Florence Mary

C'est hyper intéressant comme réflexion, j'ai recommencé à poster sur Insta depuis quelques jours après une grosse fracture et ce qui m'énerve effectivement, c'est que quel que soit le réseau social, j'ai ce ptain de tic qui me fait prendre mon téléphone, ouvrir le site ou l'application, alors que mentalement je suis en train de me dire que je ne veux pas le faire et que je dois arrêter !

(Puis je me dis que j'ai zéro volonté, du coup peut-être que je me convaincs que c'est vrai et que ça n'aide pas...)

Avatar de So

Hyper intéressant, merci ! ça rejoint beaucoup les lectures récentes que j'ai faites pour ma recherche actuelle sur la pensée-artiste, en particulier Neuromania d'Albert Moukheiber, qui développe un passage sur la question, et surtout Connexion de Kae Tempest, dont les mots continuent de m'enchanter plus d'un mois après la lecture.

J'ai particulièrement aimé le passage où tu parles d'angoisse existentielle et de difficulté à définir ce que l'on veut, soi, car effectivement il faudrait déjà savoir qui est ce je. J'ai eu la chance de participer à un atelier de cartographie du trouble avec une chercheuse du CNRS et développe en ce moment des outils à tester en atelier. Mettez un coeur si ça vous intéresserait de participer comme cobaye ;)

Avatar de Saskia Zürcher

Tellement intéressant! Je pense en effet que trouver du sens quand tout est possible et ouvert devant soi (a priori) est parfois encore plus difficile que de s’appliquer à en donner à une situation imposée (même un peu pourrie, toute proportion gardée). Alors oui, la passivité qui nous conforte dans une identité est séduisante. J’en suis la première consommatrice. Mais ça fait réfléchir :) Merci pour l’article et ses digressions

Avatar de Katherine Funel Eudeline

Bonjour tjrs sympathiques ces points de vue , mais je ne pense pas que la gauche donnera plus de retraite. Pour insta moi j y vais avec plaisir car je peux choisir ce que je regarde , il y a de très beaux sites , des drôles avec leurs chats , des idées de recettes délicieuses et faciles. Juste passer un bon moment . Belle journée

Avatar de Elenina

J’adore ton angle sur le fond et sur la forme ! Rien à voir, mais je trouverais hyper intéressant que tu décortique ton process d’écriture de ce genre de lettre (comment l’idée part, que tu la développes, ce que tu vires, etc.) Parce que je pense vraiment que ce genre d’essai est le format le plus intéressant à lire à l’ère où chacun nous lache des avis préconçus.. Merci pour ce bon moment de lecture

Avatar de Jack of Ace Trades

Je pense qu'il y a aussi, et ça rejoint la thèse de l'angoisse existentielle, que l'on ne supporte plus "l'ennui" et "ne rien faire". Parce que si on s'arrête 2 min et qu'on n'a rien à faire, on s'ennuie, on se met à penser, et on pense facilement à tous nos problèmes et au vide de notre existence : chose qu'on n'a pas du tout envie de faire. Donc je te rejoins sur la thèse de "c'est pas une recherche de dopamine", mais je serais plutôt sur la thèse du "on cherche à tromper l'ennui, parce que l'ennui c'est l'angoisse existentielle qui pointe". Ta thèse du "je veux qu'on me dise quoi penser" est intéressante cela dit, je l'avais jamais formulée comme ça. Moi j'appelle ça "mettre son cerveau sur off" 😁

Avatar de Muguf

Il me semble aussi qu'on est assailli·es depuis des décennies (de capitalisme) par des injonctions à rentabiliser son ennui... Il y a plein de tips de "dev perso" adaptées à nos emplois du temps de cinglés : des méditations de 5' à faire dans la file du Starbucks, ou des exercices pour muscler le périnée en montant 3 étages.

On est encouragés à remplir "les trous" de nos emplois du temps, il faut profiter du trajet vers l'école ou le boulot pour écouter un podcast, on plie du linge en apprenant le mandarin, on peut même suspendre son portable dans une pochette imperméable, histoire de regarder des tutos sous la douche.

Je pense que les réseaux sociaux comblent le vide existentiel tout en nous donnant le sentiment de FAIRE quelque chose. On va chercher des infos culturelles ou militantes (ou une recette pour rôtir un chou-fleur ou détacher un tapis). Même si on y va en assumant de juste vouloir se distraire, on se tient au courant de l'air du temps, on n'est pas largués, on peut placer "67", on a vu le dernier extrait du stand-up de machine, les chatons-kiwis, et du coup, on est en lien avec celleux qui scrollent comme nous...

Avatar de Nardjisse Ben Mebarek

Hyper intéressant ! Insta est particulièrement néfaste pour les acheteurs compulsifs qui se retrouvent à acheter des objets dont ils n’ont pas besoin ou pour les personnes qui ont des troubles du sommeil. Insta joue un rôle de compensation ou absorbe notre temps disponible quand on se demande comment s’occuper